La traversée du massif du mont Kenya

Kirinyaga est le nom que les Kikuyu (habitants de la région du mont Kenya) donnent au mont Kenya. Sa signification est « l’autruche mâle », car les sommets rocheux de cette montagne lui donneraient l’aspect d’un panache noir et blanc ressemblant à la queue de cet animal. Avec ses sommets accidentés couronnés de glaciers et ses pentes intermédiaires boisées, le mont Kenya est l'un des paysages les plus impressionnants d'Afrique de l'Est. Les deux sommets principaux, Nelion (5199 m) et Batian (5188 m) ne sont accessibles que par escalade. Le troisième sommet, la Pointe Lenana (4985 m) est accessible aux trekkeurs. De nombreux itinéraires convergent vers ces montagnes, toutes situées dans le centre du massif. Trois d’entre-eux sont bien tracés : Naro Moru, Sirimon et Chogoria.
        Avec un petit groupe d'amis, nous avons décidé de monter par la magnifique vallée de Chogoria, de réaliser l’ascension de la pointe Lenana puis le pittoresque “circuit des sommets” avant de redescendre par la voie Naro Moru, un très beau voyage en une petite semaine. En autonomie, sans guide ni porteurs, nous progresserons à notre rythme. Chaque étape sera une invitation à la découverte, découverte du massif et de ses beautés mais aussi découverte du royaume de l’altitude. Car, pour certains d’entre-nous, cette aventure sera une première expérience de la haute montagne. Mais gravir le mont Kenya, c’est aussi et surtout découvrir des écosystèmes très différents. Les étages de végétation, ces bandes horizontales d’associations végétales aux limites diffuses qui se superposent sur les flancs de toutes les montagnes du monde, sont atypiques sur les pentes de ce géant planté sous l’équateur. Ainsi, ces paysages délirants qui s’étendent entre 3500 et 4500 m : « une lande glacée peuplée de séneçons arborescents et de lobélies géantes succèdent à des marécages de bruyères arborescentes échevelées de lichens, perchées sur des tapis de sphaignes gorgées d’eau ! » On ne retrouverait des formations aussi étranges qu’à des altitudes similaires dans les Andes vénézueliennes et sur les pentes du Ruwenzori, en Ouganda. Nous partons donc à la découverte d’un des paysages les plus curieux de la planète…
        Quelques jours plus tard, nous quittons le Kenya pour la Tanzanie, vers le phare de l’Afrique, à la conquête des neiges « éternelles » du Kilimandjaro. Mais, c’est une autre histoire…


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Les sommets africains

Pour l'alpiniste, l'Afrique est plutôt décevante. Elle possède des montagnes, mais pas de grandes chaînes comme les autres continents.
        Au nord, on trouve les chaînes de l'Atlas et même le Sahara présente quelques massifs. Les régions élevées de l'Éthiopie sont assez mal connus.
        À l'est se dressent le mont Kenya et le Kilimandjaro, point le plus élevé du continent (5 896 m). La route menant au sommet de la pointe Kibo est difficile, mais on peut trouver de bonnes ascensions. Les monts du Ruwenzori ou monts de la Lune, devraient être spectaculaire et le sont parfois. Le climat y est si détestable que les cimes sont rarement visibles. Le duc des Abruzzes les explora en 1906.
        En Afrique du sud, entre les monts du Cap et le Chimanimani, on trouve la possibilité d'admirables ascensions et le climat est généralement propice. Il s'agit, évidemment, d'escalades rocheuses. C'est entre le mont de la Table et la gorge du Toit, dans la province occidentale du Cap, que ces escalades sont les plus belles.
        Sur le continent, seul le mont Kenya (5 198 m) est notable. Ce massif possède des parois rocheuses assez abruptes et quelques reliques de glaciers équatoriaux. Le pic Batian, son sommet le plus élevé, fut vaincu la première fois par Sir HalfordMackinder, qu'accompagnaient César Olier et Joseph Brocherel en 1899.