La légende des Quatre-Véziaux
Une curieuse légende se rattache à la montagne des Quatre-Véziaux. Il y a bien longtemps, des conflits territoriaux avaient éclaté entre les gens de la vallée de Campan et ceux des Quatre-Véziaux, regroupement des villages d'Ancizan, Cadéac, Grizian et Guchen en vallée d'Aure. Chacun revendiquait les pâturages à l'herbe bien grasse de la montagne qui les séparait. Les bagarres étaient si violentes qu'il n'y avait pas une saison sans qu'une maison soit endeuillée. Afin de mettre fin à cette éternelle bataille, les habitants des deux vallées se décidèrent à livrer un dernier combat pour définir les limites de leurs possessions.
Chaque vallée devait choisir son champion et le combat aurait lieu en haut de la montagne. Une borne frontière serait plantée là où le vaincu rendrait son dernier râle. La riche vallée de Campan choisit de se faire représenter par un homme gigantesque, aussi méchant qu'un chien enragé et aussi fort qu'un taureau. Il était surnommé le Dogue. De leur côté, les gens des Quatre-Véziaux cherchèrent longtemps leur champion car personne ne voulait se mesurer au Dogue. Finalement, un petit berger accepta le défi. Il était laid et chétif, tout maigre et pas plus haut que trois pouces. Il s'appelait Fréchou. Faute d'autres candidats, les gens de la vallée d'Aure le choisirent comme représentant, sans grand espoir de victoire. Le jour du combat, le Dogue, que l'on avait nourri de poulets bien gras depuis trois mois, et qui exhibait ses muscles saillants, éclata de rire quand il vit arriver son adversaire. L'issue de l'affrontement ne faisait aucun doute. Le petit berger Fréchou s'avança vers le Dogue, l’empoigna, le déstabilisa et le fit tomber sur un rocher. La colonne vertébrale du colosse se brisa sous le choc. Le géant ne pouvait plus bouger. Fréchou l'attrapa alors par les pieds et le traîna afin d'éloigner la future frontière entre les deux vallées. Sur leur passage, les gens de la vallée de Campan insultaient le Dogue et lui jetait des pierres pour le tuer au plus vite alors que les gens des Quatre-Véziaux le protégeaient de leurs tabliers et de leurs capes pour le maintenir en vie tout en encourageant leur petit berger. Finalement, le Dogue rendit son dernier souffle à la Prade de Saint-Jean et c'est là qu'une borne fut placée pour marquer la limite des territoires.
Ce serait pour cette raison qu'une grande partie de Payolle et de ses alentours sont aujourd'hui propriétés de la vallée d'Aure1.
1 https://www.le-bouquetin-boiteux.fr/2020/04/legende-payolle-frechou-et-le-dogue.html