Image
La route d'Ahusquy (en haut), la piste vers le pic Adartza (en bas)
Image


Trop de routes et de pistes...

La province de la Soule – la plus orientale et la plus petite du Pays basque – forme un piédestal verdoyant à un ensemble de sommets grisonnants dont le très reconnaissable pic d’Anie. Dire que ces avant-monts pyrénéens ne sont pas parmi les plus connus de la chaîne est un bel euphémisme tant ils sont délaissés par les randonneurs. Pourtant, ils offrent de belles randonnées et des vues parfois originales sur la chaîne. C’est le cas du pic Etchecortia (1 206 m). Le sommet dévoile au lointain l’azur immense de l’océan Atlantique, des morceaux de paysages humains avec les villes de Bayonne, de Mauléon et de Pau, et surtout une multitude de collines vaporeuses et de géants assoupis, verts ou gris, qui suscitent l’enchantement en imaginant leurs futures ascensions.
Le pic appartient au massif des Arbailles réputé pour son relief confus. C’est un massif couvert aux deux tiers d’une forêt de hêtres qui poussent sur des roches calcaires fissurées. Je fais une courte traversée de ce vaste lapiaz, difficilement pénétrable, pour aller gravir son point culminant, le pic Ihatia (1 284 m) qui émerge en terrain dégagé et offre un panorama original sur les montagnes basques et béarnaises. Ensuite, je déambule à travers un relief doux et ondulé au milieu des dolines et des gouffres jusqu’aux sommets arrondis d’Ilhasteria (1 158 m) et de Bohocortia (1 214 m).
        J’aime cette zone de prairies d’altitudes et de ravins odorants couverts de bardanes, de fougères et de pruniers sauvages. Elle offre des paysages verts que j’apprécie parce qu’il y a quelque chose de moelleux et de tendre dans leur verdure. En revanche, je regrette qu’il y ait autant de routes et de pistes qui permettent de s’y rendre. Les bonnes âmes justifieront les rubans d’asphalte par la nécessité de rendre accessible ces lieux au plus grand nombre. Certains évoqueront le cas des bergers pour qui ces routes sont une bénédiction. D’autres – j’en fais partie – préfèreraient qu’elles n’existent pas car sans elles, ces endroits retrouveraient un tant soit peu de leur prime sauvagerie.