Jamais deux sans trois!
Je quitte en voiture le plateau de la Cerdagne par la vallée de la Têt dont les versants présentent des différences de morphologie très nettes.
À Fontpédrouse, je remonte son rude versant nord jusqu’à Prats Balaguer. J’ai là-bas un objectif clair qui m’a déjà échappé deux fois : la première fois parce que je m’y suis engagé trop tard pour espérer en venir à bout ; la deuxième fois parce que le mauvais temps m’a surpris avant même que je tente ma chance. La troisième tentative est la bonne.
Je me rends d’abord au col Mitjà dont la forme géométrique parfaite avait fait dire à Georges Véron : « Difficile de désigner le plus beau sommet des Pyrénées orientales mais le plus beau col est certainement le col de Mitjà, splendide arceau suspendu entre les pics Redoun et Gallinas » ! Je parcours ensuite l’intégralité de la puissante crête qui sépare les vallées de l’Orri et de la Carança entre le col Mitjà et le pic de la Fosse du Géant (2 799 m) posé sur la frontière. Cette crête porte toute une série de sommets assez bien individualisés. Deux d’entre eux, le Racó Petit (2 785m) et le Racó Gros (2 779m) ont fière allure et dominent des vallons suspendus en forme de conques qui viennent s’appuyer sur leurs flancs orientaux. Pour les atteindre, il faut d’abord gravir le puig Rodon (2 677m), le Pilò de la Xemeneia (2 593 m) et le Monellet (2 727m).
L’ensemble forme une crête spectaculaire et variée à souhait avec le passage de quelques difficultés rocheuses, le franchissement d’une dalle haute de 4 mètres, la traversée de banquettes herbeuses, la progression sur des blocs stables de petites tailles ou des éboulis croulants et les ascensions de faces sombres et austères plus intimidantes que difficiles.
En haut, la crête parcourue vue du puig Rodon (2 677 m).
En bas, le pic Gallinas (2 532 m) et le col Mitja depuis le puig Rodon (2 677 m).