Dans une parfaite transparence de l'air
Certains ne comprennent pas qu’on aille sur une montagne pour regarder la plaine. « C’est un contresens de perspective. C’est détruire le pays pour mieux en jouir. À cette distance, il n’y a ni couleurs, ni formes. Les hauteurs sont des taupinées, les villages des taches, les rivières des lignes tracées à la plume. Les objets sont noyés d’une teinte grisâtre ; l’opposition des lumières et des ombres s’efface ; tout se rapetisse ; vous démêlez une multitude d’objets imperceptibles ». Pour ma part, je peux passer des heures là-haut à contempler ce monde de Lilliputiens. Parfois, je plante même ma tente pour profiter encore plus longtemps du spectacle. Si la plaine est belle à observer, les montagnes le sont aussi. Au contraire de la plaine où les sommets nous écrasent, on les distingue ici à leur juste proportion dans une parfaite transparence de l’air.
Ci-contre, un océan de montagnes