Image


Le long du gave d’Ossau…
On y accède par la route départementale D934 qui relie le village de Louvie-Juzon, au sud d’Arudy à celui de Laruns. Cette route est dominée à l’ouest par le vaste plateau du Bénou. Ce plateau accueille chaque été de nombreux touristes et de nombreux béarnais venus chercher un peu de fraîcheur. Au-dessus du plateau, quelques cabanes… Ici, l’estivage est rendu possible grâce à une unique source située près de la cabane Lauda, dans le vallon d’Aspeigt. C’est elle qui alimente toutes les cabanes et remplit les abreuvoirs. Conscients de son importance vitale, les bergers y ont déposé à proximité une statue de la Vierge et implorent les cieux pour qu’elle ne tarisse pas ! Depuis ces estives, on distingue très nettement sur l’autre versant de la vallée, le Port de Castet. A ses pieds, se trouve le village éponyme qui mérite une halte pour son lavoir collectif, son ancienne abbaye laïque, son église et sa tour carrée haut perchés sur un piton. Sans oublier l’espace naturel aménagé autour de son lac. Plus loin, le village de Béon est connu pour sa falaise qui abrite des vautours. C'est un observatoire unique sur les grands rapaces pyrénéens. Dans le village voisin d’Aste-Béon, le blason de la vallée d’Ossau est peint sur la façade de la mairie. Il est composé d’un ours, d’une vache, d’un arbre et porte l’inscription « vive la vaca » qui signifie « vive la vache ». C’était le cri de guerre des Béarnais. L’histoire raconte que lorsque les Parisiens furent assiégés par les troupes d’Henri IV, la garde rapprochée du roi, d’origine béarnaise, criait «vive la vaca» pour se frayer un passage dans les rues de Paris. Cette attitude déplaisait fortement aux Parisiens qui transformèrent ce cri en « mort aux vaches ». Après cette digression par les petites routes, on retrouve la D934 juste avant d’entrer dans le village de Laruns. Laruns est véritablement la capitale de la vallée d’Ossau. Le village occupe une position stratégique au carrefour des routes vers les Hautes-Pyrénées par le col d’Aubisque et vers l’Espagne par le col du Pourtalet. Au centre du village, se trouvent l’église Saint-Pierre (elle possède un bénitier en marbre blanc et une vasque avec un centaure et deux poissons) et, près de l’office du Tourisme, la Maison du Parc National des Pyrénées (des sorties sur le terrain et des animations sont organisées chaque été par les garde-moniteurs du parc). A la sortie du village, à droite de la route, au pied de la montagne de Pan, se trouve la centrale hydro-électrique du Hourat. Avant la première guerre mondiale, la Compagnie du Midi avait mis sur pied un vaste programme de construction d’usines hydro-électriques ayant pour objet l’électrification de son réseau pyrénéen et pré-pyrénéen. Dans la vallée, le projet d’aménagement de trois usines – Hourat, Miègebat et Artouste – fut approuvé en 1917. Les usines furent construites et mises en service, respectivement en juin 1925, en février 1927 et en décembre 1929. On est ici dans la configuration où l'énergie d'un même cours d'eau est fractionnée en plusieurs usines disposées en cascade, les ouvrages de restitution d'une usine se déversant dans les ouvrages de prise de la suivante. Aujourd'hui, l'ensemble de ces ouvrages est géré par la Société Hydro-Electrique du Midi (SHEM), filiale d’ENGIE (le nouveau nom de GDF Suez). La SHEM est un producteur hydroélectrique majeur dans le grand Sud-Ouest et un acteur régional de premier plan qui emploie 320 collaborateurs. Ses 58 usines, d'une puissance totale de 786 MW et ses 12 grands barrages répartis sur ma chaîne des Pyrénées, les rivières du Lot et de la Dordogne, produisent annuellement 1840 GWh d'énergie, soit la consommation d'un million d'habitants. Poursuivons notre progression vers la haute vallée d'Ossau en empruntant la route départementale D934 vers le col du Pourtalet. Première halte: le village des Eaux-Chaudes, à l’entrée de la gorge du Hourat. Ce village est dominé par le massif du Gourzy qui se prolonge vers le cirque d’Anouilhas et l’exubérance de toutes les pointes calcaires qui l’entourent: les crêtes d’Aucupat et de Pambassibé au nord, celles des Arcizettes au sud, les pics d’Amoulat (2436 m) et de Ger (2613 m) à l’est… Avant l'ouverture de la frontière, le village possédait un poste de douane ; aujourd'hui, il est réputé pour ses eaux utilisées pour le traitement des rhumatismes. Plus loin, la route passe à proximité de la centrale de Miégebat. Près de la centrale, une petite route, de viabilité variable d'une année sur l'autre, pénètre le secteur des gorges du Bitet et ses lacs: ceux du Montagnon d’Iseye, blottis dans un petit cirque encerclé de nombreux sommets et celui d’Isabe, «joyau vert émeraude enchâssé dans un écrin de roches ocre», au pied du pic de Sesques (2606 m). Toute cette zone a la réputation d’être une montagne où la vie sauvage est encore bien préservée, loin des routes et des concentrations touristiques. 6 km après Miégebat, se trouve le village de Gabas dominé à l’ouest par l’imposant pic Biscau (2064 m). C’est ici que s’ouvrent véritablement les portes du massif de l’Ossau où trône une montagne sans équivalent dans la chaîne des Pyrénées, le célèbre pic du Midi d’Ossau (2884 m). A l'ouest de cette montagne, les lacs d’Ayous attirent une foule de randonneurs pendant le court été pyrénéen. Ces lacs se déversent dans le lac de barrage de Bious-Artigues. Après cette petite digression vers le lac de Bious-Artigues, reprenons la route départementale D934 vers le col du Pourtalet. Après quelques virages et la centrale d'Artouste, apparaît le lac de barrage de Fabrèges. Ce lac est blotti dans une région montagneuse. Au pied de tous les sommets alentours, des pâturages, des troupeaux et des hommes… Bergers souvent, pâtres parfois… Tous permettent l'entretien de la montagne et la protection des plantes sauvages qui, sans les troupeaux, disparaîtraient au profit de la lande (formation végétale de la zone tempérée, composée principalement de bruyères, de genêts et d’ajoncs). Au pied du pic de Cézy par exemple, vous pouvez trouver encore, avec un peu de chance, quelques édelweiss. Le nom scientifique de cette plante Leontopodium signifie pied de lion car la forme générale de l’édelweiss ressemble à l’empreinte d’un lion. On l’appelle également plus communément «l’étoile des glaciers» même si ceux-ci ont disparu depuis fort longtemps des montagnes béarnaises. Toutefois, ils ont laissé quelques traces de leur passage. Ainsi, le vallon du Soussouéou présente un profil en berceau caractéristique d’une ancienne vallée glaciaire. Une façon de découvrir ce site classé est d’emprunter le Petit Train d’Artouste qui n’avait pas au départ une vocation touristique…: il conduit au lac de barrage d’Artouste.

Le long du Tech…
Quittons la vallée d'Ossau par la D918 qui traverse la station thermale des Eaux-Bonnes, connue pour la qualité bienfaitrice de ses eaux dès le XVIe siècle. L’Impératrice Eugénie y a séjourné à de nombreuses reprises. D’ailleurs, l’architecture de nombreux bâtiments date du premier et second empire. Après le village « impérial », la route continue vers l’est et passe par la station de Gourette. C’est là que fut construit le premier téléski des Pyrénées en 1933. Depuis, les remontées mécaniques se sont multipliées… et les poteaux métalliques viennent compléter les vestiges du « chemin de fer aérien » des anciennes mines d’Anglas, situées près du lac éponyme. Retour vers le passé… En 1890, une centaine de mineurs travaillaient à l’exploitation des gisements d’Anglas. Une voie ferrée avait été construite pour évacuer le minerai et un chemin de fer aérien le descendait jusqu’au cirque de Gourette. Une quarantaine de tonnes de minerai était triée et concassée chaque jour avant d’être transférée à Laruns par tombereaux… Après Gourette, la route s'élève vers le col d'Aubisque, avec pour décor, la «crête blanche» formée de montagnes calcaires qui rivalisent de beauté. Le col fait partie intégrante de la « légende du Tour de France ». Il fut gravi pour la première fois en 1910 et depuis, les coureurs l'ont franchi à plus de 70 reprises. Ensuite, une route en corniche traverse le cirque du Litor avant de franchir le col de Soulor et de basculer sur le val d'Azun. Cette région montagneuse encore préservée des grands flux touristiques est dominée par une imposante montagne « constituée de sept crêtes fortement découpées, creusées de brèches profondes et rehaussées d'aiguilles, séparées par des glaciers dont un qui compte parmi les plus étendus des Pyrénées » : c'est le Balaïtous (3144 m), le premier « 3000 » de la chaîne en venant de l'océan. Pour s’approcher de cette montagne mythique, il faut remonter la vallée d’Arrens par la route départementale D105, le long du gave d'Arrens. L’eau cascade bruyamment et dévale la pente à grande vitesse comme si quelque chose d’effroyable la poursuit… Où va-t-elle si vite ? Vers l’océan, à n'en pas douter. D’où vient-elle ? Du fond de la vallée, près du col de la Peyre Saint-Martin, accessible uniquement à pied. Ploc, une goutte, ploc, une autre goutte… ploc, ploc, ploc, un filet d’eau puis un torrent. Le torrent naissant devient gave, traverse les lacs de Rémoulis puis disparaît sous les éboulis avant de ressortir au plateau de Labassa. Alimenté par les eaux du glacier de Las Néous au pied du Balaïtous, il s’écoule ensuite à l’abri des regards et réapparaît au-dessus de la cabane de Doumblas. Il reçoit alors le renfort du gave du Larribet alimentée par quelques lacs d'altitude puis ralentit sa course dans les eaux calmes du lac de Suyen peu profond et surélevé par un petit barrage. Il reprend ensuite sa course, rassemble les eaux de nombreux lacs d'altitude – Touest, Lassiédouat, Migouélou et son barrage, Poueylaün, Ausselia – et débouche sur le plateau occupé par le lac et le barrage du Tech.

Le long des gaves de Gavarnie et de Pau...
Quittons le val d’Azun pour rejoindre Argelès-Gazost. Au sud de la ville, depuis le village de Pierrefite-Nestalas, une vallée s’enfonce au sud-ouest et dessert la station de Cauterets. Dans le vieux parler local, ce nom signifie « chaudron », allusion soit à la situation encaissée de la localité, soit aux eaux bouillonnantes des cascades et des nombreuses sources thermales qui marquent le lieu. La région de Cauterets a toujours attiré les curistes pour ses eaux sulfureuses, indiquées dans le traitement des affections respiratoires. Elle a connu son âge d’or au XIXème siècle en accueillant de nombreux personnages illustres tel Victor Hugo, Alfred de Vigny, George Sand ou encore Chateaubriand. C'est aussi un haut lieu du pyrénéisme avec ses grands sommets et ses innombrables lacs naturels… Pourtant, il n’y a aucun barrage. Des mesures de protection (protection des paysages sous l’égide des lois de 1906 et 1930) ont empêché tout équipement hydroélectrique dans le massif (le versant espagnol de la montagne est par contre un « paysage de l’énergie » fortement impacté par de nombreux barrages d'altitude). Oublions donc Cauterets et poursuivons notre périple à la recherche de barrages ! Après Argelès-Gazost et la traversée vers le sud d’un défilé sombre, on arrive sur une vaste plaine « lumineuse »... En 1843, Victor Hugo décrit cette arrivée comme « une grande clarté, comme est la porte d’une cave à ceux qui y sont dedans. Ce gros bourg éclairé et vivant, (…) ils l’ont bien nommé Lumière, Luz. » Luz (qui prend le nom de Luz-Saint-Sauveur en 1962) est la capitale du pays Toy, une région qui s’étend sur 43 302 hectares depuis les gorges de Pierrefitte jusqu’au col du Tourmalet en passant par le cirque de Gavarnie. Pour en avoir un premier aperçu, le pic de Bergons, au sud de la ville, est un excellent belvédère. D’altitude modeste avec ses 2068 m, ce sommet offre un large panorama incluant le pic du Midi de Bigorre (2872 m), quelques hauts sommets de la réserve du Néouvielle, les cirques de Troumouse, d’Estaubé et de Gavarnie. Prenons justement la route des cirques le long du gave de Gavarnie. Pour franchir le tumultueux cours d'eau, elle emprunte plusieurs ponts spectaculaires dont le célèbre pont Napoléon, inauguré en 1863. Napoléon III se rendait régulièrement dans les Pyrénées centrales avec l’impératrice Eugénie. A Saint-Sauveur, il souhaitait construire un pont pour relier les deux rives du tumultueux gave de Gavarnie. Après plusieurs essais, il fut décidé de construire un pont en pierre d’une seule arche. « Le tablier du pont est long de 68 m. Le diamètre de l'arc qui le soutient (pont en arc par-dessous) est de 42 m. La voûte repose directement sur les rochers à pic qui bordent le gave. La hauteur du niveau de l'eau à la naissance de la voûte est de 40 m ; elle est de 63 m à la clé de voûte et de 65 m au niveau du pont. » A l'extrémité orientale du pont, se trouve une colonne de 12 m de hauteur, formée de 14 anneaux en pierre de Lourdes, surmontée d'un aigle en marbre de près de 2 m. Voilà pour la statistique ! La colonne, érigée par la Commission syndicale de la vallée de Barèges porte l’inscription: « A leurs Majestés impériales Napoléon III et l'Impératrice Eugénie, les habitants de LUZ St SAUVEUR reconnaissants ». Continuons notre route vers le sud à la rencontre d’un autre pont, celui de Sia, qui mérite qu’on s’y attarde un peu tant son histoire est atypique. Un premier pont, en forme d’arche, fut construit en 1712 puis rénové en 1783. Un deuxième pont avec une passerelle en bois fut construit en 1820, au-dessus du précédent. En 1857, un troisième pont, plus haut que les précédents, assure le transfert sur l’autre rive du gave. En 1880, l’afflux des curistes incite les autorités à construire un quatrième pont plus large et toujours plus haut que les précédents. Ce dernier ouvrage est le pont actuel. Malheureusement, les trois autres édifices ont été détruits. Qui dit pont, dit souvent eau. Qui dit eau, dit parfois centrale hydroélectrique ! Celle de Pragnères, à quelques kilomètres du pont de Sia, est au centre du plus important complexe hydro-électrique de la chaîne des Pyrénées. Après l'usine de Pragnères, la route des Cirques traverse le village de Gèdre où le gave de Pau est ralenti par un barrage construit en 1927. C'est un petit barrage haut de 12 m dont la capacité de stockage est de 40 000 m³. A la sortie de Gèdre, une route s'élève à droite vers le site pastoral du plateau de Saugué, rythmé par le tintement des cloches, les bêlements et les meuglements… On y trouve des granges traditionnelles. Certaines ont été rénovées mais les nouveaux propriétaires ont maintenu la tradition des « pènes » sur les toits. Les pènes sont de larges pierres en escalier. A l’époque, elles avaient une double pente : vers le bas pour charrier l’eau de pluie et vers l’extérieur pour protéger le pignon et faire le raccord avec la couverture de chaume. De ces granges, on aperçoit le cirque de Gavarnie, tout proche. Et quel cirque ! Plus de 1700 m au-dessus du village, se déclinent d’est en ouest, les pics d’Astazou et le couloir Swan, le Marboré qui domine le cirque, les Trois Sœurs de la Cascade, l’Epaule, la Tour, le Casque et enfin, plus à l’ouest, invisible depuis le village, le Taillon et le Gabiétou. Sous cette ligne de crête à plus de 3000 m d’altitude, trois gradins divisent le cirque et les « festons de ses plissements étranges, témoins de forces prodigieuses qui ont fait remonter des calcaires d’un gris soyeux entrecoupés de neiges éternelles. L’élément liquide compose le point d’orgue de cette symphonie avec la Grande Cascade qui tombe dans le vide sur 423 m, avec une douceur de chevelure.» Si le cirque attire de nombreux touristes en claquettes, un massif, tout proche, attire de nombreux randonneurs en crampons. En effet, ce massif – vous l'aurez reconnu, c'est celui du Vignemale – abrite un des tout derniers glaciers des Pyrénées: le glacier d'Ossoue. A ses pieds, le lac de barrage d’Ossoue date de 1955. Gavarnie n'est pas le seul cirque de la région. Son voisin immédiat est le cirque d’Estaubé. Le milieu de sa muraille est entaillé par le fameux couloir de Tuquerouye qui ouvre la porte au lac glacé et à la face nord du Mont-Perdu. Toutes les eaux du cirque sont collectées par le barrage d’Estaubé ou des Gloriettes.

Le long de l’Adour…
Quittons le gave de Gavarnie à Luz-Saint-Sauveur pour remonter la rive gauche du Bastan jusqu’à Barèges, petite village d’altitude autrefois dénommée Les Bains en référence à ses thermes. Elle doit son nom actuel à Madame de Maintenon qui, en 1675, lors de son séjour avec le jeune duc du Maine, datait ses lettres de « Barèges », du nom de la vallée… soumise aux caprices du cours d’eau qui la traverse. Ainsi, en 1762, une crue emporta 17 maisons. Plus récemment, en juin 2013, le torrent gonflé par la fonte tardive de l'important manteau neigeux sortit de son lit et emporta dans sa furie plusieurs bâtiments et des portions de routes. Pas de pertes humaines et des dégâts matériels considérables. Le président de la république, François Hollande se rendit sur place pour constater les dégâts. Barèges doit sa réputation à ses thermes et à la proximité du col du Tourmalet, dominé par l’inévitable pic du Midi de Bigorre (2 877 m), un haut-lieu d'observations astronomiques. Déjà, en 1706, François de Plantade y étudia pour la 1ère fois la couronne solaire lors d'une éclipse… Puis, en 1870, débuta la construction d'un observatoire sous la direction du général de Nansouty et de l'ingénieur Vaussenat. Les 1ers bâtiments furent achevés en septembre 1882. Le premier télescope d'un diamètre de 50 cm fut installé en 1907. 1949 marqua un grand changement puisque les batteries et groupes électrogènes qui alimentaient, entre autres, les instruments scientifiques furent supprimés avec l'arrivée au sommet de l'électricité ! Le laboratoire se dota ensuite d'un coronographe, d'un spectrographe, de lunettes et surtout, de télescopes de plus grands diamètres, comme celui de 106 cm, financé par la NASA pour prendre des clichés précis de la surface lunaire afin de préparer la mission Apollo ! Après cette échappée dans les étoiles, on ne peut pas parler du col du Tourmalet sans évoquer un autre type d’échappée, celle des coureurs du Tour de France. Ce col, une des légendes du Tour, fut en effet gravi à 78 reprises depuis sa première ascension en 1910! La « route » qui fut construite en 1730 relie Barèges à la station de ski de la Mongie, qui occupe le versant oriental de la montagne. Plus bas, avant d’atteindre Artigues, au virage du Garet, l'itinéraire du GR10 remonte un vallon occupé par de nombreux lacs et dominés par d’élégants pics granitiques. Parmi ces lacs, celui de Géziolles est barré par un barrage poids, construit entre 1941 et 1951 et mis en service en 1952... Plus haut, se trouvent le refuge du Campana de Cloutou, les lacs du Campana, Arrédoun, de la Hourquette… Les eaux de ces lacs alimentent le torrent de l'Adour de Gripp (dans le massif du pic du Midi de Bigorre) qui rejoint deux autres torrents – l'Adour de Payolle (dans le massif de l'Arbizon) et l'Adour de Lesponne (dans le massif de Lascours) – pour former le fleuve Adour qui, après un parcours de près de 307 km, se jette dans l'océan Atlantique, près de Bayonne, à Tarnos (Landes) pour la rive droite et Anglet (Pyrénées-Atlantiques) pour la rive gauche.

Le long de la Neste d’Aure…
La vallée d’Aure qui couvre la limite orientale du parc national des Pyrénées s'étire sur près de 40 km depuis Sarrancolin jusqu'à la frontière avec l’Espagne accessible en voiture par le tunnel d’Aragnouet-Bielsa. Tout près, s’élèvent d’imposants sommets tels que les pics de Troumouse, de Gerbats ou encore de la Géla. Au nord de ce dernier, prend naissance la Neste de Badet. Plus bas, au village du Plan, elle reçoit les eaux de la Neste de la Géla pour former la Neste d'Aragnouet qui traverse le village d'Aragnouet puis reçoit sur sa gauche la Neste de Couplan juste en amont du village de Fabian. Ce cours d’eau provient de nombreux lacs qui occupent la vallée éponyme, dans le massif du Néouvielle : Orédon, Cap de Long, Aubert, Aumar, Oule… Tous ces lacs qui ne sont qu’H2O pour le chimiste ou le physicien constituent une source d'énergie considérable et tous ont été exploités... Le lac d’Orédon, avec celui de l’Oule, alimentent la centrale d’Eget en vallée d’Aure alors que les eaux des lacs d’Aubert, d’Aumar et du Cap de Long sont exploitées par la centrale de Pragnères dans la vallée de Gavarnie grâce à des galeries creusées sur près de 40 km. Près de Fabian, Neste d'Aragnouet et Neste de Couplan forme la Neste d'Aure qui traverse Saint-Lary-Soulan, station thermale et station de ski dont le domaine skiable est situé sur le lieu-dit du Pla d’Adet. Cette commune est née de l’association de Saint-Lary avec Soulan en 1964. Ensuite, la Neste d’Aure poursuit sa course vers le nord et traverse de nombreux villages. « Dans le premier guide touristique relatif aux Pyrénées, Richard remarque en 1834 les nombreux villages, qui « presque tous respirent un air d’aisance et de propreté qui charme l’œil » : Bourisp, Guchan, Guchen, Ancizan, Cadéac et enfin Arreau. Outre ses maisons d’habitation aux toits d’ardoise, le village regorge de richesses architecturales : château des Nestes, château de Ségure, maison des Lys et bien d’autres, nombreuses églises et chapelles… Le village d’Arreau est situé à la jonction de la vallée d'Aure et de la vallée du Louron. C’est ici que la Neste d’Aure reçoit en rive droite son principal affluent, la Neste du Louron. Longue de 32 km, elle se forme au hameau du Pont du Prat, près de la centrale électrique de Tramesaygues. C’est là que se rejoignent la Neste de la Pez qui reçoit ses eaux des pics de l'Abeille et de Lustou qui ferment au nord la vallée de la Pez et la Neste de Clarabide qui prend sa source sur le versant oriental du massif du Batchimale et est confluée par deux ruisseaux qui traversent dans leurs descentes des lacs aménagés : ce sont les lacs de Caillauas et de Pouchergues. La Neste de Louron traverse ensuite Loudenvielle, joli village avec son église paroissiale Sainte-Marie Madeleine, son musée cinématographique et muséographique, l’Arixo, logé dans une vieille ferme restaurée, son centre de relaxation en eau thermale et son lac proposant de nombreuses activités aquatiques… Après avoir rejoint la Neste d’Aure à Arreau, elle forme la Neste qui arrose plusieurs villages avant de se jeter dans la Garonne en rive gauche, à Montréjeau.

Le long de l’One et de la Pique…
Montréjeau est la porte d’entrée des montagnes du département de la Haute-Garonne. Au sud de la ville, apparaît un arrière-pays de collines avec quelques lourds massifs dont seul le sommet émerge de la forêt. Ce sont les paysages du Haut-Comminges occupés depuis la nuit des temps, comme en témoignent les peintures rupestres de la grotte de Gargas, à 6 km au nord de Saint-Bertrand-de-Comminges. Ce village fortifié est un haut lieu d’art et d’histoire et mérite une halte pour sa cathédrale et ses demeures anciennes. Tout près, se trouvent des sites archéologiques et l’église romane de Saint-Just de Valcabrère. En prenant la D925, on quitte à la fois le Comminges et le département de la Haute-Garonne pour découvrir la Barousse, aux confins du département des Hautes-Pyrénées. Cette vallée enclavée, presque oubliée, est le domaine des grands cervidés. Vous y découvrirez également de vieux villages avec des maisons typiques aux charpentes de bois en arc de cercle et quelques châteaux perdus au cœur de vastes forêts de chênes et de hêtres. Reprenons la D125 vers le sud. La route traverse une vallée arrosée par la Garonne. Le fleuve court sur 647 km avant de se jeter dans l'océan Atlantique. Si son estuaire – la Gironde – ne fait aucun doute, sa source a longtemps été sujette à polémiques, surtout au début du XXe siècle. Finalement, en 1931, Norbert Casteret démontra que les eaux du Trou du Toro dans le massif de la Maladeta en Espagne (où se trouve le pic d’Aneto qui avec ses 3404 m est le point culminant des Pyrénées) font résurgence dans le val d'Aran et constituent la Garonne naissante. En amont, dans la ville de Bagnères-de-Luchon, souvent qualifiée de Reine des Pyrénées et station thermale réputée pour le traitement des affections, elle reçoit les eaux de La Pique descendue des massifs de Luchon. Cette rivière prend sa source au pic de la Mine au-dessus de l’Hospice de France, près de la frontière avec l'Espagne. En traversant Bagnères-de-Luchon, elle est gonflée par les eaux de l'One, courte rivière d'environ quatre kilomètres formée par la réunion de deux rivières d’altitude, la Neste d'Oueil qui s’étire le long de la vallée d’Oueil jusqu’au pied du Mont-Né (2147 m) et la Neste d'Oô qui parcourt la vallée de Larboust depuis les sommets frontaliers qui culminent à plus de 3000 m d’altitude. Le plus haut est le pic de Perdiguère (3222 m) qui selon le célèbre pyrénéiste Russell est «une ruine gigantesque en pierres sèches. Une centaine d’hommes pourraient le démolir en moins d’un mois et un enfant pourrait, du bout du doigt, y mettre en mouvement tout un hectare de pierres, ou même de blocs énormes. On devine le danger qui résulte de la décrépitude d’une montagne si massive. Mieux vaudrait une paroi verticale de granit : elle inspirerait plus de confiance que le Perdiguère, malgré la suavité de ses contours. Le traître ! Mais quel observatoire ! On voit les Pyrénées d’un bout à l’autre ! » A ses pieds, reposent des dizaines de lacs aux formes et couleurs variées… Deux d’entre eux ont été aménagés de barrages : barrage du lac d'Oô et barrage du Portillon. Leurs eaux alimentent la centrale hydroélectrique de Luchon, construite en 1921.

Le long du Lez…
Quittons le Luchonnais par le col du Portet d’Aspet (1069 m) pour rejoindre, par la vallée de la Bouigane, le Couserans, un pays de montagne situé dans la partie occidentale du département de l’Ariège. Sa capitale Saint-Girons abrite le château des vicomtes du Couserans du XVIe siècle (inscrit aux Monuments Historiques) et quelques belles églises. Elle est traversée par le Salat et son affluent principal, le Lez. Dans la ville, ces cours d’eau enjambés par cinq ponts en marbre (le pays était réputé au 1er millénaire pour ses carrières de marbre noir veiné de blanc appelé le grand antique d'Aubert), sont coupés de digues qui, à une certaine époque, produisaient la force motrice indispensable pour assurer le fonctionnement de papeteries, de moulins… L'eau poursuit ensuite sa course se jette dans la Garonne à Roquefort-sur-Garonne près de Boussens Remontons le Lez par la route à travers les communes du Haut-Couserans : Moulis, Cescau, Arrout, Engomer, Balaguères, Uchentein, Audressein, Castillon-en-Couserans, Bonac-Irazein, Les Bordes-sur-Lez, Sentein et enfin, Eylie, dernière zone habitée, tout au fond de la vallée de Biros. Puis, poursuivons par les sentiers vers la crête frontière où le cours d’eau prend sa source sur le versant nord du pic de Maubermé (2 880 m). Dans sa partie haute, il est gonflé par de nombreux petits affluents, dont l’Isard qui reçoit en pleine montagne, près de la Chapelle de l’Isard, les eaux de l’Araing issues du barrage de l’étang d’Araing. Les études hydrologiques qui ont précédé la construction de la retenue ont permis de découvrir la grotte de la Cigalère – qui abrite le plus riche écrin paré de concrétions de gypse de toute la France – et le gouffre Martel, deux cavités explorées de 1932 à 1938 par Norbert Casteret, parfois accompagné de son épouse Elisabeth. Elles auront surtout permis de valider la réalisation d’un vaste complexe hydroélectrique à partir de l'étang d'Araing. Pour mener à bien le projet, EDF a employé essentiellement des ouvriers paysans locaux qui sans cette activité, auraient certainement quitté la vallée sinistrée par l'arrêt progressif de l'activité minière. Déjà, avant 1600, le village de Sentein comptait des mines de plomb argentifère. L'activité aura réellement explosé vers 1850 avec l'exploitation de la mine du Bentaillou où on extrayait de la blende et de la galène afin d'obtenir du zinc, du plomb et de l’argent. En 1907, la mine employait plus de 500 mineurs et la commune de Sentein comptait deux écoles pour accueillir près de 200 enfants… Au lendemain de la Première Guerre mondiale, le manque de personnel, l’épuisement du minerai, le fort coût d’exploitation en raison de l'isolement des gisements allaient fortement réduire l'activité. En 1926, l’effondrement des cours du minerai de zinc allait aggraver la situation… jusqu'à l'arrêt définitif des mines en 1955. Les hommes sont partis, laissant seul le Seigneur du Couserans, le mont Valier (2838 m) du nom du premier évêque du Couserans, Valérius, qui l’aurait gravi et y aurait planté une croix.

Le long du Vicdessos…
La vallée de Vicdessos, adossée aux frontières de l'Andorre et de l'Espagne (région de la Catalogne), est une vallée glaciaire qui s'étire sur près de 33 km. C’est ici que se dressent les derniers «3000» de la chaîne des Pyrénées avant que celle-ci ne descende progressivement vers la mer Méditerranée : le Montcalm (3077 m), «entièrement français, brave et pacifique, à la croupe rougeâtre ; le pic du port de Sullo (3072 m), un peu plus fier à l’éboulis abondant, l’élégante Pique d’Estats (3143 m) à la crête plus aérienne et plus grisonnante» et son voisin le pic Verdaguer (3131 m). Le Montcalm présente la particularité d’être le plus vaste des Pyrénées. Selon Pierre Soubiron, écrivain pyrénéiste du début du siècle dernier, «on pourrait y faire manœuvrer une compagnie d’infanterie»! Son voisin, l’Estats offre, toujours selon le même auteur, «l’un des plus beaux belvédères des Pyrénées car il s’étend des Posets au Canigou. Tous les grands pics de la chaîne, entre ces deux sommets, sont sous les yeux. Bien qu’à plus de 60 km, les Monts-Maudits font un effet grandiose.» Autour de ces « 3000 m », se dressent d’innombrables sommets qui dominent, d'est en ouest, les vallées de Siguer, d’Artiès, de Mounicou et d’Artigue. Toutes sont parcourues par des ruisseaux qui dégringolent pour alimenter la rivière du Vicdessos, sous-affluent de la Garonne par l'Ariège qu’elle rejoint à Tarascon-sur-Ariège après un parcours montagnard de près de 37 km. Dans leurs courses, ces ruisseaux sont freinés par d'immenses plans d'eau retenus par des barrages. Ici, l'aménagement hydroélectrique est important. Ici, c'est tout simplement le pays d'Aristide Bergès… D'est en ouest, on trouve les barrages de Gnioure, de Fourcat et d'Izourt, de Soulcem et enfin, de Bassiès et de l'Escalès. Ces deux derniers alimentent la centrale hydroélectrique de Bassiès, mise en service en 1914 au moment du rachat du site par la Compagnie d'Alais, Froges et Camargue qui deviendra Péchiney en 1950. Le fer et l’aluminium auront longtemps été la principale richesse de la vallée. Déjà à l'Antiquité, les Romains cherchaient du fer dans la région. Plus tard, Napoléon affirma: «L'Ariège produit des hommes de fer»… Ainsi, la vallée a vécu, jusqu'au Second Empire, au rythme des forges. Aujourd'hui, il ne reste pratiquement plus que des vestiges (anciens baraquements, galeries, puits...) de cette activité minière à Cap de Gauch, au Mail de Bulard, au Liart... La Grotte de Niaux – une des nombreuses cavités qui trouent le Cap de la Lesse, autour de la vallée – est une autre richesse de la vallée. «C'est la seule qui lutte avec Lascaux pour la qualité d'exécution et de conservation des œuvres, par l'ampleur des compositions et par le souffle qui les anime» selon Leroi-Gourhan, ethnologue, archéologue et historien français, spécialiste de la Préhistoire. Dans une grande salle, dite du «Salon Noir», les parois sont couvertes de peintures rupestres magdaléniennes d'une qualité exceptionnelle représentant des animaux. On dénombre 25 bisons, 16 chevaux, 6 bouquetins et 1 cerf: tous, criblés de sagaies ou de flèches, sont représentés lors de séances de chasse.

Le long de l’Ariège…
Avant la construction du barrage, l’étang de Lanoux se déversait entièrement dans la rivière Carol qui confluait avec d’autres cours d’eau en Espagne. Son destin a changé avec la construction du barrage entre 1957 et 1961 puisqu’il se déverse désormais également dans l’Ariège en France après avoir été turbinée par la centrale de l'Hospitalet-près-l’Andorre (une canalisation permet de restituer une partie des eaux en Espagne selon les conditions d’un traité passé entre les deux pays). L’Ariège reçoit donc les eaux du Lanoux vers 1 400 m d’altitude, soit 1 000 m plus bas que sa source située dans le cirque de Font-Nègre, à la frontière entre l'Andorre et le département des Pyrénées-Orientales. Dans son parcours montagnard, elle est alimentée en rive gauche par les ruisseaux du Siscar, de Val d’Arques et du Mourguillou et en rive droite par le ruisseau des Bésines et celui du Nabre qui conflue avec l’Ariège à Mérens-les-Vals, petite village dont l'église romane a été brulée par les Miquelets, lors de la guerre napoléonienne d'Espagne. Le village est surtout connu pour la race de cheval qui porte son nom : le cheval de Mérens, un petit cheval de selle et de trait léger rustique à la robe noire. Plus bas, se trouve la ville d’Ax-les-Thermes. La ville s'est nommée, pendant une courte période, Ax-les-Bains, mais la confusion avec Aix-les-Bains était telle qu'en 1888 un décret nomma la commune définitivement Ax-les-Thermes. Cette commune « est bâtie sur une véritable chaudière naturelle ; les sources coulent de tous côtés, tellement chaudes que les ménagères y font leur vaisselle, voire leur lessive » (Duhourcau). C’est la Reine du Soufre : elle est réputée pour posséder les eaux aux vapeurs sulfurées les plus chaudes des Pyrénées avec une température de 77°. Sur la place centrale, près du casino, se trouve l’établissement thermal du Couloubret, le plus ancien de la ville reconstruit entre 1865 et 1872. Son nom viendrait de « couloubrou », nom local des petites couleuvres qui venaient se prélasser près des sources chaudes. Sa façade actuelle, version «Art Déco», date de 1931. Ax-les-Thermes doit donc son succès à sa position géographique privilégiée au confluent de trois rivières : l’Ariège, la Lauze et l’Oriège. Cette dernière qui prend sa source au sud du pic d'Étang Faury (2 702 m), a pour principal affluent dans la vallée d’Orlu le ruisseau qui descend du barrage de l’étang de Naguille. Après Ax-les-Thermes et jusqu'à Tarascon-sur-Ariège, les affluents de la rive droite de l’Ariège sont de petits torrents qui descendent du massif de Tabe alors que ceux de la rive gauche sont plus puissants : ce sont d'amont en aval, le Najar, l'Aston dont les eaux s’écoulent par les barrages de Laparan et de Riète et enfin, le Vicdessos.

Le long de la Têt…
La Têt a son embouchure dans la mer Méditerranée à Canet-en-Roussillon. Remontons cette rivière longue de 115,8 km jusqu’à sa source… à travers douze communes. Perpignan : Ancienne capitale du Royaume de Majorque, la ville, annexée par le Royaume de France en 1659, est marquée par une forte identité catalane souvent matérialisée par la senyera, le drapeau traditionnel fait de quatre bandes horizontales de couleur rouge sur fond or. Puis Saint-Estève, Le Soler, Millas, Ille-sur-Têt, Prades : le monument remarquable de la cité est l’Église St-Pierre de Prades, bâtie au XVIIème siècle sur les bases d'une église romane. En son intérieur, la nef est flanquée de part et d'autre de quatorze chapelles et le retable en bois est le plus grand retable baroque de France. Après Olette, Villefranche-de-Conflent : classé parmi les plus beaux de France, le village est construit en marbre rose, entouré par une enceinte fortifiée et dont les rues ont conservé leur caractère médiéval. Quelques kilomètres plus loin, Fontpédrouse attire les visiteurs pour ses thermes, les bains de Saint-Thomas, où l'eau sulfureuse peut atteindre 58°C. Vient enfin Mont-Louis. La ville, inscrite depuis 2008 au patrimoine mondial de l'UNESCO, est nommée ainsi en hommage à Louis XIV, roi de France lors de la construction de la place-forte en 1679 par le Commissaire général des fortifications, le célèbre Vauban. Outre la position stratégique de la cité, Vauban rapporte également dans ses écrits les bienfaits du climat local: « on y jouit d'un air un peu froid à la vérité, mais si sain que les habitants m'ont dit leur être ordinaire d'y vivre des 80 ou 90 ans jusqu'à 100 ans… ». Après Mont-Louis, au carrefour du Conflent, du Capcir et de la Cerdagne, petite route de montagne puis sentiers de randonnée mènent à la source de la Têt, à 2 405 m d'altitude au pied du pic Carlit (2921 m) et au-dessus d’un chapelet de lacs dont le plus grand, celui des Bouillouses a été aménagé au début du siècle dernier. Le Carlit domine certes les Pyrénées orientales de la Têt et des épaules mais la montagne catalane n'est commandée que par un seul souverain : le Canigou (2784 m) qui malgré son altitude modeste a longtemps été considéré comme l’un des plus hauts sommets des Pyrénées. Déjà, « en 1276, le roi Pierre III d’Aragon en gravit les pentes, encadré par une forte escorte. Soudain, d’un lac où flotte une odeur de soufre, sort un dragon terrifiant. Toute la troupe prend ses jambes à son cou. Seul, le roi poursuit l’ascension et se dresse au sommet qu’il croyait être le plus élevé des Pyrénées. Quelle glorieuse conquête ! » Aujourd’hui, un dragon de fer, moins terrifiant, emmène les touristes de Villefranche à Latour-de-Carol… un dragon catalan vêtu de jaune et de rouge…

Le long de l’Aude…
L’Aude prend sa source dans le massif du Carlit, au lac d'Aude à 2185 m d'altitude. D’abord, la rivière dégringole la montagne puis elle se prélasse sur les hauts plateaux du Capcir où elle est freinée par deux lacs de barrage – Matemale et Puyvalador – avant de reprendre de la vitesse dans les gorges de l’Aude et de Saint-Georges dans le Pays de Sault, en terre languedocienne. A la sortie des gorges, elle traverse plusieurs communes : Quillan, Campagne-sur-Aude, Espéraza, Couiza, Alet-les-Bains et Limoux. En aval de la grande cité médiévale, l'Aude prend la direction du Soleil Levant pour finalement se jeter dans la mer Méditerranée, à quelques kilomètres de Narbonne, à la limite des départements de l'Aude et de l'Hérault.