Aquarelle de Lauriane Miara : https://www.laurianemiara.com/aquarelle
L'ivresse des sommets pyrénéens
« Mon fils, explique-nous ce plaisir que tu as à aller à la montagne. Quel plaisir, toutes ces vaches avec leurs cornes aiguisées, avec leurs gros yeux qui te regardent ? Quel plaisir, toutes ces pierres ? Tu risques de tomber, alors quel plaisir ? Es-tu un mulet pour aller sur ces pierres du vertige ? ».
Toutes ces questions, mes parents ne me les ont jamais posées. Car ils sont avant tout pyrénéens et comprennent le langage de la montagne. Ma mère est née en Béarn au pied du pic d’Anie. Mon père est né au Pays basque au pied du pic d’Orhy. Du sang pyrénéen coule donc dans mes veines. Comme le disait l’écrivain Laurence Durrell, « nous sommes les enfants de notre paysage ; et c'est lui qui nous impose notre conduite, et même nos pensées dans la mesure où elles en sont le reflet ». Je crois que mon être tout entier, y compris mon âme, a été perfusé à la géographie pyrénéenne.
Les Pyrénées furent mes premières montagnes et sont encore celles que je connais le mieux. Jeune, j’en ai parcouru les vallées à la recherche de grands espaces de solitude, de silence et de liberté. Je préparais mes désirs d’avenir et je rêvais de grands sommets. Ces rêves n’étaient pas des chimères, « il fallait les laisser grandir, les apprivoiser comme on s’approprie une étoile nuit après nuit, dans la fidélité, si on veut un jour pouvoir la décrocher ». Il fallait aussi les arroser de pensées.
Et puis, un jour, j’ai aligné mes pensées et mes actes : j’ai commencé à grimper ici et là, et puis là-bas. D’une vallée à l’autre, d’un sommet à l’autre, mon aventure s’est écrit au rythme des ascensions…