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Aquarelle de Lauriane Miara : https://www.laurianemiara.com/aquarelle


Avec un âne bâté

Parfois, même si l’on ne part que deux ou trois jours dans les montagnes, on a l’impression d’être accoutré d’un équipement aussi encombrant que serait celui d’un sherpa au pied d’un 8 000 himalayen ! Non seulement il est encombrant mais il est lourd et rapidement, il cisaille les épaules. L’âne se rappelle alors nos bons souvenirs : c’est indiscutablement l’animal le plus adapté pour porter de lourdes charges sur des sentiers étroits et souvent escarpés.
        Il m’est souvent arrivé de partir en famille en compagnie d’un âne bâté. La première fois, je me souviens que nous avions rendez-vous à l’auberge Estoilies dans le massif du Queyras. La veille du départ, nous avions validé avec l’ânier notre itinéraire. Marcher en compagnie de nos amis aux longues oreilles ne signifie pas aller plus loin, plus haut, plus vite mais marcher différemment. Nous le savions et notre inexpérience nous avait incités à la prudence dans le choix de l’itinéraire. Le jour du départ, nous faisions connaissance avec Marius, celui qui allait devenir pendant quatre jours l’objet de toutes nos attentions. L’ânier nous formait à sa conduite : serrer la sangle sur le sternum, ne pas trop serrer l’avaloir ni la bricole, tenir la longe courte au ras du licol…
        À la première injonction, l’âne se mit à avancer. Cette première expérience en a appelé beaucoup d’autres.